Chômage et précarité – Halte aux idées reçues!

Sortie de ce livre collectif en librairie
ce jeudi 19 janvier 2017

Débats dans de multiples lieux
les prochaines semaines,

dont des salles de cinéma
après la projection du film de Ken Loach
« Moi, Daniel Blake »

Les vingt-cinq organisations réunies dans ce livre ont en commun de lutter, chacune dans leur domaine, contre le chômage et la précarité, ces réalités qui minent la société française depuis plus de quarante ans. Dans le prolongement de leur action, elles prennent ici la plume pour contrecarrer idées reçues et contrevérités, présenter des expériences novatrices et montrer le vrai visage des chômeurs, victimes et non coupables, mais surtout acteurs et citoyens engagés de notre société. Une invitation à la solidarité pour multiplier les initiatives et porter ensemble, grâce à une large mobilisation citoyenne, un véritable changement !

Page facebook du livre : https://www.facebook.com/ChomagePrecarite/

Un ouvrage coordonné par Jean-François Yon et écrit avec Agnès Willaume.

Militant et responsable associatif, Jean-François Yon a notamment été président, de 2004 à 2010, du Mouvement national des chômeurs et précaires ; il a également été à l’initiative de la création d’une des associations locales de ce mouvement, à Vannes en 1994, « Ensemble contre le chômage ».

Traductrice de formation, Agnès Willaume travaille dans l’édition depuis une dizaine d’années. Elle est également chargée de communication dans un mouvement d’éducation populaire.

 Ken Loach a reçu la Palme d’or à Cannes en juin 2016 pour son film Moi, Daniel Blake, qui retrace le parcours du combattant des chômeurs et précaires au Royaume-Uni.

 

 

 

 

ORGANISATIONS PARTENAIRES :
AC !, ADIE, APEIS, APF, ATD-Quart Monde, ATTAC, CFE-CGC, CGT, CIP, CNIDFF, le mouvement Colibris, Collectif Roosevelt, Coorace, Crepi, DAL, Emmaüs France, FNARS, France terre d’asile, JOC, MNCP (et les Amis du MNCP-PARTAGE), Pacte civique, Secours catholique, SNU PE-FSU, Solidaires.

Ne vous masquez pas les yeux , ni les oreilles
Lisez, écoutez


Ci-dessous quelques articles de presse qui relatent et s’engagent par leur témoignage journalistique :
Les Echos

Le Mouvement national des chômeurs et précaires a réussi à fédérer vingt-six organisations, d’ATD-Quart Monde à la CGT en passant par Emmaüs, pour réaliser un livre-manifeste contre les idées reçues sur le chômage et la précarité.

Pour lutter contre les idées reçues sur le chômage et la précarité, le Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP) a vu grand. D’ATD-Quart Monde à Solidaires, en passant par Attac, la CGC et la CGT, ou encore Emmaüs France, France terre d’asile et le Secours catholique et avec les autres mouvements de chômeurs APEIS et AC !, ce sont vingt-six associations et syndicats qui, ensemble, ont cosigné un ouvrage pour « déconstruire » autant de préjugés.

« Un manifeste d’espoir » .
Dans « chômage, précarité : halte aux idées reçues », c’est le MNCP qui s’est chargé de démonter celui selon lequel « les chômeurs sont des fainéants ». La JOC s’est, elle, attaquée à celui selon lequel « les jeunes d’aujourd’hui ne veulent pas travailler », France terre d’asile s’occupant de l’idée reçue qui dit que « le chômage, c’est la faute des étrangers ! » et, parce qu’il n’est pas interdit de rêver, la CGT conteste l’idée qu’ « assurer des ressources à tous, avec ou sans emploi, est une utopie »… Toutes ses organisations ne sont pas d’accord sur tout. Mais elles ont décidé malgré tout d’unir leurs forces, c’est ce qui fait la force, justement, de cette interpellation qui, « loin de la dénonciation aigrie », se veut « un manifeste d’espoir » .

Des débats dans toute la France
Elles ont reçu un soutien de poids : l’ouvrage est préfacé par le cinéaste britannique engagé Ken Loach. « Les histoires et les expériences de ce livre aideront […] à nous rendre forts dans notre résistance », espère le réalisateur. Son dernier film, « Moi, Daniel Blake » , palme d’or à Cannes en 2016, sera projeté dans nombre de débats qui vont se dérouler dans toute la France à partir du livre-manifeste. Une quinzaine est déjà programmée et quarante autres sont en cours d’organisation.

« Nous pensons que des changements ne sont possibles que si un nombre beaucoup plus important de citoyens se mobilisent pour agir », a expliqué Jean-François Yon, de l’association de chômeurs MNCP, qui a coordonné l’ouvrage. Cela débouchera-t-il sur une interpellation collective des candidats à l’élection présidentielle  ? « A l’issue de ces débats, nous aurons peut-être l’occasion d’intervenir directement auprès des candidats aux élections pour porter nos propositions et tenter de faire progresser l’idée que les chômeurs et précaires doivent être soutenus et également être largement représentés là où se décide leur sort », a déclaré Jean-François Yon. D’autres organisations pourraient alors se joindre aux vingt-six ayant participé au livre. @leiladeco


Présidentielle : un livre pour replacer la question sociale au cœur de la campagne
25 organisations associatives et syndicales publient « Chômage, précarité : halte aux idées reçues ! » L’objectif : peser sur le débat présidentiel.

LE MONDE | 17.01.2017 à 16h12 | Par Alexis Boisselier

« Le chômage c’est la faute des étrangers », « les sans-abri ne sont bons à rien », « le système d’indemnisation est beaucoup trop généreux avec les chômeurs », c’est à ces préjugés qu’a voulu s’attaquer un collectif d’associations et de syndicats à travers un ouvrage à paraître jeudi 19 janvier : Chômage, précarité : halte aux idées reçues !  (éditions de l’atelier, 240 p., 10 euros).

Préfacé par le réalisateur britannique et engagé Ken Loach, ce livre regroupe les propos de 25 organisations associatives et syndicales qui œuvrent en faveur des plus précaires. « Cela fait quarante ans que le chômage et la précarité existent sans qu’ils ne reculent, explique Jean-François Yon, coordinateur de l’ouvrage et ancien président du Mouvement national des chômeurs et précaires. Pour changer la donne, il faut faire pression ensemble. »

Déconstruisant 26 idées reçues, le recueil souhaite réagir aux discours qui banalisent la situation des plus pauvres. « Nous ne supportons plus d’entendre des paroles stigmatisantes vis-à-vis des chômeurs. Nous ne supportons plus d’entendre que la raison du chômage est liée aux chômeurs eux-mêmes », dénonce Thierry Kuhn, président d’Emmaüs France qui cosigne un chapitre sur les sans-abri mais aussi un texte sur la formation des demandeurs d’emploi.

« Intervenir auprès des candidats »
Tandis que 8,77 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France, l’ouvrage entend contrer les caricatures et le populisme autour de ces questions. « Depuis plusieurs mois, les discours qui remettent en cause les politiques sociales se multiplient », regrette Florent Gueguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité (nouveau nom de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale). Dans le viseur notamment, François Fillon qui propose de rendre dégressives les allocations chômage.

« Nous allons intervenir auprès des candidats aux élections pour diffuser l’idée que les chômeurs et précaires doivent être soutenus », annonce Jean-François Yon. Pour porter leurs discours, quinze événements sont déjà organisés dans toute la France. Une quarantaine d’autres devraient suivre. « Durant les deux mois qui viennent, on va se consacrer au débat public. On est plus fort pour discuter avec les politiques si on a un débat citoyen qui nous alimente », poursuit le coordinateur de l’ouvrage.

Ces rencontres seront aussi l’occasion de mettre en valeur les solutions qui pourraient être apportées comme, par exemple, une formation plus adaptée pour les demandeurs d’emploi. Thierry Kuhn ne se voile pourtant pas la face. « C’est important de se réunir dans cette période, mais malheureusement je crois qu’on aura encore du boulot au-delà de la campagne électorale. »


La Croix

Chômeurs, lutter contre les « idées reçues » qui circulent

Emmanuelle Réju, le 17/01/2017 à 11h01
Mis à jour le 17/01/2017 à 11h47

 Vingt-cinq organisations ont dénoncé collectivement mardi 17 janvier les « idées reçues » contre les chômeurs et les précaires.
Un ouvrage sur ce thème, coordonné par Jean-François Yon, doit paraître le 19 janvier prochain aux éditions de l’Atelier.

ATD Quart Monde, France Terre d’asile, la JOC ou encore le Secours catholique : au total, 25 organisations engagées dans la lutte contre le chômage et la précarité ont décidé « de faire entendre un autre son de cloche sur les chômeurs et précaires » et de « briser la banalisation » autour de ces questions.
Démarche inédite, ces associations cosignent un ouvrage collectif – coordonné par l’ancien responsable du Mouvement national des chômeurs et précaires, Jean-François Yon – qui doit paraître le 19 janvier. Elles en ont présenté les grandes lignes le 17 janvier lors d’une conférence de presse.

Voici un florilège de certaines idées reçues qui circulent sur les chômeurs et des réponses apportées dans l’ouvrage.

« Les jeunes d’aujourd’hui ne veulent plus travailler »
Régulièrement, la JOC interroge ses adhérents sur leur rapport au travail. « L’idée de pouvoir s’épanouir en dehors de son travail, profiter de sa famille, des amis, des loisirs, revient fréquemment, reconnaît dans sa réponse la présidente de la JOC Aina Rina Rajaonary. Mais vivre en dehors de son travail, c’est également pour beaucoup de jeunes pouvoir fonder une famille ».
Les jeunes interrogés souhaitent avant tout un travail « digne », qui permet de gagner convenablement sa vie, de s’épanouir et de nouer de relations avec des collègues.

« Le système d’indemnisation est beaucoup trop généreux avec les chômeurs »
« L’immense majorité des chômeurs est en difficulté, rétorque Philippe Villechalane, porte-parole de l’association APEIS ; 80 % d’entre eux touchent entre 1 000 et 1 200 € ; 15 % moins de 500 € et 523 000 perçoivent l’allocation de solidarité spécifique de 488 €. »
L’association milite pour que l’assiette de cotisations pour l’assurance-chômage soit modifiée : « Se baser sur la seule masse salariale comme c’est le cas aujourd’hui pénalise les patrons qui embauchent dans des conditions décentes (CDI) avec des salaires corrects et favorise ceux qui ont recours aux licenciements et à la précarité comme variable d’ajustement de leurs profits. »

« Les sans-abri ne sont bons à rien, ils sont irrécupérables ! »
Faux, rétorquent Louis Gallois (président de la Fédération des acteurs de la solidarité, ex-Fnars), Thierry Kuhn (président d’Emmaüs France) et Pierre Langlade (président du Coorace). « L’insertion par l’activité économique le démontre depuis 40 ans, écrivent-ils. Tout le monde peut travailler, même les personnes longuement confrontées à l’errance. »
Trois mille structures s’y consacrent en France au quotidien en utilisant les « bons ingrédients » : « l’accompagnement par une personne de confiance, une situation de travail encadrée, une rémunération en partie en espèce dès la fin de la mission pour répondre aux besoins urgents des personnes, la progression dans le temps et la perspective d’un contrat plus long ainsi que de l’accès au logement. »

Lire aussi : Faut-il croire les chiffres du chômage ?

« Les chômeurs sont des oisifs qui nous coûtent cher »
« Si nous regardons l’ensemble des dépenses de la protection sociale (protection contre les risques, vieillesse, chômage, maladie, maternité, accident du travail, invalidité, charges de famille, etc.), en 2014, elles s’élevaient à 736 milliards d’euros, relève Guillaume Almeras, du Secours catholique. Sur ce total, 80 % sont consacrées à la santé et au vieillissement ; 2,7 % à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion ; 7,7 % à la protection contre le risque de perte d’emploi. »
L’association souhaite valoriser la contribution sociale des chômeurs de longue durée à la collectivité, qui est trop souvent minorée : aide aux voisins âgés, garde d’enfant, rôle de médiation dans les quartiers, bénévolat en tout genre…

Au total, 26 « idées reçues » de cet acabit sont passées au crible des militants.
Emmanuelle Réju


AFP
Les chômeurs et précaires veulent faire entendre leur voix dans la campagne

Lutter contre la « stigmatisation » et « les idées reçues » sur les chômeurs et précaires, une vingtaine d’associations et syndicats partent en campagne à travers la France afin de montrer leur « vrai visage » et faire entendre leur voix, à l’approche des élections.

« Les chômeurs sont des oisifs » qui « coûtent cher » à la société, ils n’ont « qu’à chercher du boulot », « les sans-abri sont irrécupérables », le « chômage c’est la faute au droit du travail » ou « aux étrangers »…

Dans un ouvrage à paraître jeudi, 25 organisations (associations de chômeurs, Emmaüs France, ATD Quart Monde, l’Association des paralysés de France, la CGT, la CFE-CGC, Solidaires, Droit au logement, France Terre d’Asile…) s’attellent à contrecarrer 26 « idées reçues » sur le chômage et la précarité.

Autour de ce manifeste, préfacé par le cinéaste britannique engagé Ken Loach, réalisateur de « Moi, Daniel Blake », une trentaine de débats et réunions publiques vont être organisés à travers la France jusqu’à la fin mars, en pleine campagne électorale.

L’association de chômeurs MNCP craint que cette campagne n’offre « de nouvelles occasions de stigmatiser » les « 10 millions de personnes qui vivent en situation de précarité », a-t-elle dit lors d’une conférence de presse mardi.

« C’est le moment où on va jeter à la figure des précaires un certain nombre d’idées préconçues », redoute aussi Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL.

A l’issue leur « campagne citoyenne », début avril, les organisations envisagent « d’intervenir » auprès des candidats, afin de porter leurs propositions, « et tenter enfin de faire progresser l’idée que les chômeurs et précaires doivent être soutenus pour s’organiser collectivement et être largement représentés là où se décide leur sort », a expliqué Jean-François Yon, du MNCP, qui a coordonné l’ouvrage.

– ‘Manifeste d’espoir’ –

« Il y a de la colère, nous ne supportons plus ces paroles de stigmatisation vis-à-vis des chômeurs, véhiculées à longueur d’année, et qu’on sent venir en particulier en cette période », a dénoncé pour sa part Thierry Kuhn, président d’Emmaüs France. Comme « entendre que les raisons du chômage, c’est la lourdeur du Code du travail, les charges qui pèsent sur les entreprises, et le pire des arguments, que c’est la faute des chômeurs, alors que les politiques et décideurs économiques ont montré leur incapacité à inverser la courbe », a-t-il ajouté, s’en prenant au « bénévolat imposé aux allocataires du RSA » en Alsace.

Les chômeurs seraient des fainéants, les intermittents des privilégiés, les chômeurs handicapés « incasables », les locataires précaires des mauvais payeurs, les sans-abri des « bons à rien », la misère « moins pénible » en outre-mer… en 240 pages, chaque organisation tente de déconstruire une « idée préconçue », en présentant des expériences, puis en formulant des propositions.

Emmaüs raconte par exemple son dispositif « premières heures » qui a permis de créer de l’emploi pour les plus exclus, ATD Quart Monde son projet « Territoires zéro chômeur de longue durée ».

Dans un registre plus politique, Attac prend la plume pour s’en prendre à la réduction des dépenses sociales pour réduire le chômage, la CFE-CGC aux plateforme numériques comme Uber, quand la CGT défend un « vrai revenu de remplacement ».

Plus qu’une simple « dénonciation », l’ouvrage se veut un « manifeste d’espoir » pour « réduire le repli sur soi mortifère et pousser à l’action », a fait valoir M. Yon: « Cela fait 40 ans que le chômage et la précarité existent sans reculer, au contraire. Durant ce quinquennat il nous fut annoncé régulièrement la promesse, jamais tenue, d’une inversion de la courbe du chômage. Il faut donc agir pour changer la donne. »

« Chômage et précarité: halte aux idées reçues! » a été tiré à 12.000 exemplaires, aux éditions de l’Atelier.
juc/shu/fm

 
 
 
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Pour lutter contre la « stigmatisation » et « les idées reçues » sur les chômeurs et précaires, une vingtaine d’associations et syndicats partent en campagne à travers la France afin de montrer leur « vrai visage » et faire entendre leur voix, à l’approche des élections.

« Les chômeurs sont des oisifs » qui « coûtent cher » à la société, ils n’ont « qu’à chercher du boulot », « les sans-abri sont irrécupérables », le « chômage c’est la faute au droit du travail » ou « aux étrangers »…

Dans un ouvrage à paraître jeudi, 25 organisations (associations de chômeurs, Emmaüs France, ATD Quart Monde, l’Association des paralysés de France, la CGT, la CFE-CGC, Solidaires, Droit au logement, France Terre d’Asile…) s’attellent à contrecarrer 26 « idées reçues » sur le chômage et la précarité.

Autour de ce manifeste, préfacé par le cinéaste britannique engagé Ken Loach, réalisateur de « Moi, Daniel Blake », une trentaine de débats et réunions publiques vont être organisés à travers la France jusqu’à la fin mars, en pleine campagne électorale.

L’association de chômeurs MNCP craint que cette campagne n’offre « de nouvelles occasions de stigmatiser » les « 10 millions de personnes qui vivent en situation de précarité », a-t-elle dit lors d’une conférence de presse mardi.

« C’est le moment où on va jeter à la figure des précaires un certain nombre d’idées préconçues », redoute aussi Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL.

A l’issue leur « campagne citoyenne », début avril, les organisations envisagent « d’intervenir » auprès des candidats, afin de porter leurs propositions, « et tenter enfin de faire progresser l’idée que les chômeurs et précaires doivent être soutenus pour s’organiser collectivement et être largement représentés là où se décide leur sort », a expliqué Jean-François Yon, du MNCP, qui a coordonné l’ouvrage.

– ‘Manifeste d’espoir’ –

« Il y a de la colère, nous ne supportons plus ces paroles de stigmatisation vis-à-vis des chômeurs, véhiculées à longueur d’année, et qu’on sent venir en particulier en cette période », a dénoncé pour sa part Thierry Kuhn, président d’Emmaüs France. Comme « entendre que les raisons du chômage, c’est la lourdeur du Code du travail, les charges qui pèsent sur les entreprises, et le pire des arguments, que c’est la faute des chômeurs, alors que les politiques et décideurs économiques ont montré leur incapacité à inverser la courbe », a-t-il ajouté, s’en prenant au « bénévolat imposé aux allocataires du RSA » en Alsace.

Les chômeurs seraient des fainéants, les intermittents des privilégiés, les chômeurs handicapés « incasables », les locataires précaires des mauvais payeurs, les sans-abri des « bons à rien », la misère « moins pénible » en outre-mer… en 240 pages, chaque organisation tente de déconstruire une « idée préconçue », en présentant des expériences, puis en formulant des propositions.

Emmaüs raconte par exemple son dispositif « premières heures » qui a permis de créer de l’emploi pour les plus exclus, ATD Quart Monde son projet « Territoires zéro chômeur de longue durée ».

Dans un registre plus politique, Attac prend la plume pour s’en prendre à la réduction des dépenses sociales pour réduire le chômage, la CFE-CGC aux plateforme numériques comme Uber, quand la CGT défend un « vrai revenu de remplacement ».

Plus qu’une simple « dénonciation », l’ouvrage se veut un « manifeste d’espoir » pour « réduire le repli sur soi mortifère et pousser à l’action », a fait valoir M. Yon: « Cela fait 40 ans que le chômage et la précarité existent sans reculer, au contraire. Durant ce quinquennat il nous fut annoncé régulièrement la promesse, jamais tenue, d’une inversion de la courbe du chômage. Il faut donc agir pour changer la donne. »

« Chômage et précarité: halte aux idées reçues! » a été tiré à 12.000 exemplaires, aux éditions de l’Atelier.
juc/shu/fm


 BOURSORAMA

Chômage et précarité: des organisations partent en guerre contre les « idées reçues »

AFP le 17/01/2017 à 14:04

« Les chômeurs sont des oisifs » qui « coûtent cher » et n’ont « qu’à chercher du boulot », « les sans-abri sont irrécupérables… »: vingt-cinq associations et syndicats s’attaquent aux « idées reçues » sur le chômage et la précarité, dans un ouvrage à paraître jeudi.

« Chômage, précarité: halte aux idées reçues ! »: ce livre-manifeste (éditions de l’Atelier), préfacé par le réalisateur britannique engagé Ken Loach, réalisateur de « Moi, Daniel Blake », s’attelle à contrecarrer vingt-six « préjugés ».

Cet ouvrage se veut un « outil » pour organiser des débats citoyens à travers le pays jusqu’à la fin mars, dans le cadre de la campagne présidentielle.

« A l’issue de ces débats, nous aurons peut-être l’occasion d’intervenir directement auprès des candidats aux élections pour porter nos propositions et tenter de faire progresser l’idée que les chômeurs et précaires doivent être soutenus et également être largement représentés là où se décide leur sort », a expliqué Jean-François Yon, de l’association de chômeurs MNCP, qui a coordonné l’ouvrage, mardi lors d’une conférence de presse.

« Nous ne supportons plus ces paroles de stigmatisation vis-à-vis des chômeurs, ces idées reçues véhiculées à longueur d’année, et qu’on sent venir en particulier dans le cadre de la campagne électorale », a dénoncé Thierry Kuhn, président d’Emmaüs France. Comme « entendre que les raisons du chômage, ce sont l’inefficacité des services publics, la lourdeur du Code du travail, les charges qui pèsent sur les entreprises, et le pire des arguments, que c’est la faute des chômeurs eux-mêmes, alors que les politiques et décideurs économiques ont montré leur incapacité à inverser la courbe du chômage », a-t-il ajouté.

En 235 pages, chaque organisation tente de déconstruire une idée reçue, présente des expériences et formule des propositions. Parmi les idées reçues: « Les chômeurs n’ont qu’une chose à faire: chercher du boulot! »; « si les salariés de Pôle emploi étaient plus efficaces, il y aurait moins de chômage »; « le chômage, c’est la faute du droit du travail » ou « la faute aux étrangers »; « les chômeurs en situation de handicap sont incasables »; « Les intermittents sont des chômeurs privilégiés » ou encore « Les sans-abri sont des bons à rien, irrécupérables ».

Une trentaine de rencontres-débats sont déjà programmées à travers la France autour de ce livre, tiré pour l’instant à 12.000 exemplaires.

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