Petit rappel : Les femmes en lutte : Gérard Mordillat les aime et les met en scène!

Encore un Événement/Partenariat
L’UTOPIE – LIVRESSE :

Jeudi 28 mars 2019
Librairie Livresse
de 17h à 19h
Rencontre/Dédicace avec Gérad Mordillat
autour de son livre
Ces femmes-là
(Albin Michel)

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Cinéma L’UTOPIE Ste-Livrade
à 20h30
Projection/Débat avec Gérard Mordillat
autour de son film
Mélancolie ouvrière
(Les Mutins de Pangée)

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« J’admire le courage des femmes »
C’est cette formule qui sous-tend l’ensemble de cette magnifique fresque épique des temps modernes où en véritable visionnaire, Gérard Mordillat met en scène des figures de combattantes individuelles dans l’action collective d’une manifestation qui donne tout son sens au regard que Mordillat porte sur les femmes et à la place qui est la leur dans les luttes des classes sociales de tous les temps.

Mais laissons parler Gérard Mordillat :
« Dans cette immense douleur qui habite le monde, je veux m’associer à ces combats, surtout auprès de ceux qui sont le moins soutenus. De la violence du harcèlement à l’inégalité salariale, la condescendance vis-à-vis des plus faibles m’insupporte.
….
La place des femmes dans notre société est encore considérée comme secondaire, et cela m’est insupportable. J’admire le courage humble et éclatant des femmes.
….
C’est ce courage de chaque jour qui illumine les femmes d’une incomparable beauté. Leur audace d’aller à Versailles chercher le roi en octobre 1789, à monter sur les barricades pendant la Commune, à occuper les usines en 1936, à se faire soldates pendant la Guerre d’Espagne, à résister pendant la Guerre 1939 – 1945. À ne jamais renoncer, voilà.
Comme en 1968, aujourd’hui, la beauté est dans la rue. »

Ces femmes-là (Albin Michel) sera présenté à Livresse par Gérard Mordillat, jeudi 28 mars de 17h à 19h. Avec son sens de la formule, l’ardeur de son engagement et toute la force d’un parcours personnel et professionnel exceptionnel, Gérad Mordillat participera très volontiers au débat que vous initierez par vos questions. Un « moment privilégié » parmi les rencontres proposées par votre librairie Livresse.

Quelques extraits d’un article de Christophe Maris sur Ces femmes-là :

Quel récit ! Quelle mise en scène ! Quelle tragi-comédie ! Quel talent ! Quel panache ! Ce nouveau roman de Gérard Mordillat ne se lit pas seulement, il se vit pleinement. Comme si nous étions dans un théâtre et que nous y vibrions aux rythmes des événements, que nous communiions avec les différents acteurs de ce roman choral. Qui sont-ils ces personnages, ces femmes-là (entre autres) ? Ce sont celles et ceux nommés par l’auteur, mais ce sont surtout nous toutes et nous tous. Effet miroir ? Probablement. Les aventures qui arrivent à ces personnages sont le reflet, parfois affligeant, parfois engageant de nous-mêmes.
……
Et l’auteur n’y va pas de main morte ; sa plume est un scalpel et les portraits dressés sont si proches de la réalité qu’on en reste soufflé.
….
Et la puissance de l’écrit nous entraîne malgré nous (comme des voyeurs fascinés par le pire) à nous transposer sur ce théâtre de violences, de revendications, d’ambiances enfumées, ensanglantées, colorées d’insultes en tout genre, dans un climat mortifère, mais souvent drôle, cyniquement drôle.

Mais la raison, la douceur, l’action réfléchie et le regard vers l’avenir et l’humanité demeurent « aux mains » et à l’esprit des femmes ! Rien d’étonnant là-dedans si on a bien observé l’histoire de l’humanité. Les grands hommes ont souvent été des femmes ! »


Elle s’appelle Lucie Baud, elle est ouvrière dans les Soierie lyonnaises et devient l’une des premières femmes syndicalistes françaises. Son histoire a été écrite par l’historienne Michelle Perrot (Mélancolie ouvrière, Grasset). Gérard Mordillat en fait une fiction cinématographique pour louer la force et le courage de ces femmes qui ont osé s’élever contre les conditions ouvrières iniques des « grandes entreprises » capitalistes.
En ce sens Gérard Mordillat poursuit son action politique en faveur d’une société égalitaire et non autoritaire, mais en centrant le regard sur le courage des femmes et en faisant un « beau » film avec de « belles » actrices (et de « beaux » acteurs) dont il définit la beauté au sens de la grandeur et de la qualité humaine des personnalités et de leurs actions, son oeuvre prend une dimension révolutionnaire au sens le plus fort et le plus large du terme.
L’action politique pour réduire les inégalités est la seule qui vaille et elle est la plus belle et la plus réaliste des utopies.

Mélancolie ouvrière (Production Les Mutins de Pangée) sera projeté à L’Utopie Ste Livrade Jeudi 28 mars 2019 à 20h30 et sera suivi d’un débat avec Gérard Mordillat dont le sens de la communication et la force ouverte de ses convictions ne sont plus à démontrer!

À la sortie du film sur Arte, pour répondre aux critiques de la majorité de la Presse papier évacuant les valeurs esthétiques de la « composition » du film et de l’interprétation des actrices et acteurs, Gérard Mordillat, comme à son habitude, en avait fait un commentaire vigoureux et argumenté.
(le lien : https://la-bas.org/la-bas-magazine/textes-a-l-appui/comment-se-taire-sur-les-commentaires)

La conclusion de son article résume plutôt bien le sens politique de sa vie et de son oeuvre, et nous donne un aperçu de ce que pourra être le débat de cette prochaine soirée :

« Le film est là et bien là et, pour faire la nique aux commentateurs, Mélancolie ouvrière continuera longtemps à rencontrer des spectateurs à travers les projections en province, à Paris, à l’étranger…  Cependant, cette absence de sens critique (au sens kantien, « déterminer la chose réelle »), ce panurgisme des commentaires témoignent d’un affaiblissement considérable de la pensée qui, transposé sur le plan politique, explique – au moins partiellement –l’acceptation du capitalisme comme stade ultime de l’évolution humaine et du néo-fascisme comme horizon d’un monde où l’on ne veut voir qu’une seule tête, celle d’un chef – un « grand politique » comme un « grand » acteur – que les commentateurs acclament d’une voix unanime pour encourager le public à les imiter, sans discuter. »


 

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